[EHPAD] Errance, fugues : votre établissement est-il vraiment préparé ?

Sommaire :

Les fugues en EHPAD : un phénomène sous-estimé aux conséquences dramatiques

Conséquences d’une fugue : de la blessure au tribunal

Fugues en EHPAD : attention aux angles morts

Serenea by DFM : la solution qui renforce la sécurité et le confort dans les établissements de soins

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Selon la Fondation Recherche Alzheimer, 20 % des seniors atteints de cette pathologie fuguent chaque année. Ce chiffre devrait mécaniquement augmenter, car la population de plus de 60 ans augmentera de 5 millions de personnes dans les dix prochaines années, selon l’Insee. Décryptage d’un enjeu majeur pour les EHPAD…

Les fugues en EHPAD : un phénomène sous-estimé aux conséquences dramatiques

La fugue d’un résident en EHPAD correspond au départ non autorisé et non encadré d’une personne accueillie, hors de l’enceinte de l’établissement, sans que le personnel n’ait connaissance de sa sortie.

Cette définition provient des travaux de la Haute Autorité de Santé, notamment le critère 2.4.1 du référentiel d’évaluation des ESSMS, qui exige des professionnels qu’ils identifient, préviennent et gèrent les risques de fugue ou de disparition dans le cadre du projet d’accompagnement.

💡 À savoir
En cas de conséquences graves (décès, mise en danger du pronostic vital, séquelles irréversibles), la fugue doit obligatoirement faire l’objet d’une déclaration sur le portail national des événements indésirables graves associés aux soins (EIGS).

La fugue n’est pas un acte volontaire au sens habituel. Chez les personnes atteintes de démence, elle résulte généralement d’une confusion cognitive, d’une perte de repères ou d’un besoin non exprimé de retrouver un lieu familier. Le résident ne « s’enfuit » pas, il agit selon une logique déconnectée de son environnement. Ce phénomène peut aussi être déclenché par l’angoisse, un changement de routine ou la simple reproduction d’habitudes passées, comme le fait de sortir chaque jour pour se promener.

Malgré cette fréquence, la fugue reste largement sous-déclarée. En interne, les établissements hésitent parfois à utiliser le mot. Car parler de fugue, c’est reconnaître une brèche dans la surveillance, une faille potentiellement engageante. D’un point de vue juridique, tout défaut de surveillance peut engager la responsabilité de l’établissement, y compris pénale, si les faits le justifient.

Pourtant, refuser de nommer le problème n’en réduit ni l’occurrence ni les risques. Dans un établissement accueillant des résidents atteints de troubles cognitifs, le risque de fugue est structurel. Il ne disparaît pas par l’expérience ou l’ancienneté du personnel. Il fait partie des paramètres à intégrer dès l’admission.

Conséquences d’une fugue : de la blessure au tribunal

La fugue entraîne toujours des effets en chaîne. Chez la personne concernée, chez les proches, dans l’équipe soignante, dans l’organisation... Si les conséquences physiques sont parfois évitées, les répercussions humaines, juridiques et financières, elles, sont quasi systématiques.

#1 Les conséquences physiques de la fugue

L'hypothermie, la déshydratation, les accidents de la voie publique et les décès constituent les principales conséquences physiques des fugues en EHPAD. La gravité des séquelles dépend du temps passé dehors, des conditions météorologiques, de la distance et de la typologie du parcours du fugueur.

Un résident en fugue par temps froid court un risque mortel d'hypothermie, particulièrement s'il sort en tenue de nuit. À l'inverse, les fugues estivales exposent à la déshydratation sévère, car les personnes âgées ressentent moins la sensation de soif. Les chutes restent évidemment un danger permanent, dans la mesure où le résident désorienté ne perçoit plus les obstacles, trottoirs, escaliers et fossés.

#2 Les conséquences psychologiques de la fugue

Le stress intense vécu pendant la fugue marque durablement le résident. Cette expérience traumatique vient en effet exacerber l'angoisse chez des personnes déjà vulnérables. Le résident vit alors une double détresse : la désorientation qui l'a mené à fuguer et la peur générée par l'errance elle-même.

Les équipes soignantes sont également touchées, surtout pendant les moments d'anxiété vécus lors des recherches. Cette charge émotionnelle peut se traduire par un turn-over important du personnel, la multiplication des arrêts maladie, la dégradation durable du climat de travail, etc. Les familles ressentent un mélange de colère, d’inquiétude et d’incompréhension. Elles remettent en question la qualité de la prise en charge, perdent confiance dans l'établissement et vivent l'angoisse de la récidive sur la durée.

Sécurité biens et personnes

#3 Les conséquences juridiques de la fugue

La fugue peut engager la responsabilité civile ou pénale de l’établissement si des fautes dans l’organisation ou le suivi sont établies. Il ne s’agit pas d’une obligation de résultat, car aucune structure ne peut garantir qu’aucun résident ne fuguera jamais, mais d’une obligation de moyens renforcée : tout doit être fait pour prévenir les départs non autorisés.

Les juges examinent généralement la cohérence du protocole de surveillance, les alertes émises, la traçabilité des événements, l’état de santé du résident en question et les antécédents de fugue. Dans plusieurs affaires, la responsabilité de l’EHPAD a été retenue pour défaut de vigilance ou absence de réaction rapide.

Mais la jurisprudence ne s’arrête pas à l’établissement : des membres du personnel peuvent être mis en cause à titre individuel, notamment si des négligences sont prouvées (alarme désactivée, porte non verrouillée, protocole ignoré…).

À chaque incident, la structure expose sa responsabilité, affaiblit sa position vis-à-vis des autorités et crée un précédent qui l’oblige à renforcer ses dispositifs internes. Il suffit d’un seul cas mal documenté pour ouvrir la voie à des contentieux potentiellement longs et coûteux.

#4 Les conséquences financières de la fugue

Les dépenses immédiates et les plus évidentes concernent les moyens engagés pour les recherches : mobilisation du personnel, sollicitations des forces de l’ordre, frais de déplacement, d'hébergement ou d’hospitalisation post-fugue. La facture peut rapidement grimper si l’événement précipite un audit de l’ARS ou une injonction de mise en conformité.

La perte de confiance des familles peut aussi se traduire en pertes financières latentes avec des résiliations de contrats, une baisse des entrées, une réputation fragilisée, etc. En cas de condamnation, les indemnisations versées aux familles ou les pénalités imposées par le juge peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Enfin, les primes d’assurance sont susceptibles d’augmenter, et certains assureurs peuvent refuser de couvrir les incidents futurs s’ils considèrent l’établissement à risque.

Fugues en EHPAD : attention aux angles morts

Un résident traverse une porte interdite pendant une relève d’équipe. L’alarme a bien sonné, mais personne ne l’a entendue. Le bracelet était mal positionné, ou rangé dans un tiroir parce que l’employé ne le supportait pas. Personne ne sait à quelle heure l’incident a commencé. Le personnel de nuit n’a pas noté l’absence. L’équipe du matin pense que le résident est encore dans sa chambre. Résultat : deux heures de flottement, un déclenchement tardif des recherches et aucune traçabilité pour remonter la chaîne des événements.

Les dispositifs censés prévenir les fugues sont souvent juxtaposés en l’absence d’une stratégie formalisée. Les alertes remontent par différents canaux, parfois redondants, parfois beaucoup trop discrets. L’information arrive à la mauvaise personne ou au mauvais moment. Le personnel finit par contourner les systèmes trop intrusifs ou trop contraignants.

Autre problème : l’impossibilité de moduler les seuils de vigilance selon les profils. Deux résidents peuvent présenter des risques opposés. L’un a des épisodes d’agitation en fin de journée, l’autre se lève chaque nuit pour aller aux toilettes. Pourtant, tous deux déclenchent les mêmes alertes, aux mêmes horaires et avec les mêmes seuils. Faute d’outil de pilotage, les soignants désactivent parfois les capteurs jugés trop « bruyants » ou peu fiables.

💡 À savoir
Les directions disposent rarement d’une vue globale sur les incidents, les déambulations, les anomalies de détection et les comportements récurrents. Les actions correctives restent donc ponctuelles, les décisions s’appuient sur un ressenti ou un jugement plutôt que des données objectives, et chaque fugue repose les mêmes questions, dans l’urgence.

Serenea by DFM : la solution qui renforce la sécurité et le confort dans les établissements de soins

Quand un résident désorienté s’approche d’une issue, le temps de réaction dépend de toute une chaîne : capteur, transmission, réception, intervention... Si l’un de ces maillons manque, l’alerte perd de son utilité.

C’est pour cette raison que nous avons développé Serenea comme un système modulaire complet à destination des établissements de soins. En plus du dispositif anti-fugue, Serenea embarque un dispositif d’appel infirmier, un dispositif antichute, le report sur pagers et une solution d’évaluation et de suivi de la qualité de l’air.

#1 Le dispositif d’appel infirmier

Chaque résident porte un boîtier léger, étanche, utilisable de jour comme de nuit, en intérieur comme en extérieur. Il peut le déclencher en appuyant sur un bouton, une poire ou une tirette, selon ses capacités motrices. Les déclenchements peuvent aussi être automatiques via des capteurs installés sur le lit, en cas de sortie non autorisée ou d’absence prolongée.

Les alertes sont transmises en temps réel sur les pagers des soignants et sur la plateforme centrale. Chaque appel est horodaté, localisé et tracé. L’établissement peut également suivre l’état de chaque boîtier (y compris le niveau de batterie).

Le dispositif d’appel infirmier s’insère dans un ensemble complet piloté via Blue Home Care, la plateforme de supervision de Serenea. Elle permet de visualiser tous les appels en cours, de coordonner les interventions et d’organiser le travail en fonction des urgences. La direction peut y suivre les indicateurs opérationnels et renforcer les conditions de travail des équipes.

#2 Le dispositif anti-fugue

Le bracelet Serenea détecte automatiquement les approches de zones sensibles, en intérieur comme en extérieur. Dès qu’un résident désorienté équipé s’approche d’une issue, les capteurs déclenchent une alerte et la transmettent à la plateforme centrale. Le verrouillage des portes peut être activé selon des conditions définies à l’avance.

Chaque bracelet est géolocalisé et connecté 24h/24 à la téléassistance. Jusqu’à 50 bracelets peuvent être associés à une même liste d’inclusion/exclusion. Dès la prise en charge, le soignant peut « acquitter » l’alerte directement pour mieux suivre les interventions.

Les boîtiers capteurs supervisent leur propre état et leur activité. Ils sont étanches pour une pose extérieure, et la communication radio avec Serenea fonctionne même en cas de coupure réseau.

#3 Le dispositif antichute

Un capteur placé sous le matelas repère chaque sortie du lit pendant la nuit. Si l’absence dépasse une durée définie à l’avance, un appel automatique est déclenché auprès de l’équipe de soin. Le système est relié à la plateforme Serenea qui pilote les alertes selon trois paramètres :

  • L’heure à partir de laquelle la surveillance commence (22h, par exemple) ;
  • La durée d’absence tolérée avant le déclenchement (10 minutes, par exemple) ;
  • L’heure limite de retour au lit.

Les données sont enregistrées en continu et archivées dans le suivi nocturne. Chaque nuit, l’équipe peut vérifier les temps de présence au lit, les alertes déclenchées et les délais d’intervention.

#4 Le report sur pagers

Quand un capteur ou un bouton d’appel déclenche une alerte pour une chute, une absence prolongée du lit ou un appel infirmier, le signal est immédiatement transmis à un ou plusieurs pagers en parallèle. Chaque soignant reçoit le message individuellement pour ne pas dépendre d’un poste fixe ou d’un collègue.

La transmission radio fonctionne en local via la norme POCSAG. Le système reste donc opérationnel même sans connexion internet. Le dispositif filtre, transforme et relaie les signaux depuis quasiment n’importe quelle source (contact sec, liaison série, Ethernet, WiFi…). Tout le paramétrage s’effectue depuis une interface en ligne (en français), avec notamment la possibilité de gérer les scénarios horaires, les priorités et les destinataires.

En complément, le système peut :

  • Activer un relais physique pour déclencher une lumière, un carillon ou ouvrir une porte ;
  • Déclencher un appel vocal automatique via téléphonie SIP vers un poste fixe ou DECT ;
  • Envoyer un mail d’alerte (par exemple au responsable d’astreinte) ;
  • Contrôler un émetteur radio pour envoyer l’alerte sur les pagers.

Tous les modules sont installables sur un seul poste ou répartis sur plusieurs, selon la configuration du site.

#5 Suivi de la qualité de l’air dans les pièces collectives

Des capteurs sans fil surveillent en continu le taux de CO₂, la température et l’humidité dans les lieux à risque : restaurant, agora, salle d’animation et autres pièces collectives. Dès qu’un seuil est franchi, le personnel reçoit une alerte immédiate sur pager, écran mural ou application.

Chaque capteur envoie ses données via le réseau LoRa vers un hub central qui génère automatiquement des tableaux de bord et des rapports hebdomadaires. Les règles d’alerte sont entièrement personnalisables (seuils, plages horaires, types de pièces), et la solution peut déclencher l’ouverture d’une fenêtre ou d’une VMC.

Les capteurs s’installent sans câblage, ce qui évite les travaux, réduit les délais d’installation et permet un déploiement dans tous les types d’environnements.

Serenea by DFM : réservez votre démonstration

Serenea équipe déjà 102 établissements partout en France : 31 EHPAD, 50 cliniques, 12 maisons de retraite et 9 centres hospitaliers. L’installation se fait en moins d’une journée par étage. Vous voulez tester le dispositif ? Réservez votre démonstration, sur site ou à distance 👇.